Le cercle de Finsbury - B.A. PARIS

Publié le 29 novembre 2025 à 11:00

Le résumé

Quand Alice et Leo, son nouveau compagnon, emménagent au Cercle de Finsbury, une résidence haut de gamme à Londres, la jeune femme est persuadée de prendre enfin un nouveau départ. Tant pis si les événements sont allés un peu vite avec Leo et si celui-ci a pris cette décision sans véritablement la consulter. La maison est parfaite, la résidence idéale... Mais, lorsqu’Alice apprend que Nina, la précédente propriétaire de la demeure, y a été sauvagement assassinée, le rêve se transforme en cauchemar. Ni Leo, qui lui cache décidément beaucoup de choses, ni ses voisins, dont l’apparente bienveillance semble dissimuler de nombreux secrets, ne la rassurent. Et puis l’on passe bien trop facilement d’une maison à l’autre, à l’intérieur du Cercle, pour pouvoir y dormir en paix.

Mon avis

Ce roman s’impose d’emblée comme un huis-clos captivant, où la tension psychologique s’infiltre dans chaque page. L’autrice parvient à transposer avec finesse l’atmosphère feutrée et pourtant corrosive de la vie pavillonnaire en périphérie urbaine. On retrouve, en filigrane, cette ironie mordante et ce vernis de perfection factice qui évoquent immanquablement l’esprit de Desperate Housewives. Dès les premières lignes, le lecteur a la sensation troublante de retrouver les trottoirs impeccables et les secrets bien gardés de Wisteria Lane.

Le point de départ est simple, presque banal : tout abandonner — son cadre de vie, ses repères, ses amitiés, son emploi — pour suivre un nouveau compagnon et s’installer dans un quartier prétendument « sécurisé ». C’est le choix d’Alice, un choix porté par l’élan amoureux mais qui se révèle, à mesure que l’intrigue progresse, peut-être beaucoup moins rationnel qu’elle ne l’imaginait.

La demeure dans laquelle elle emménage possède, en apparence, toutes les qualités attendues : lumineuse, harmonieuse, séduisante, elle semble l’incarnation d’un renouveau idéal. Mais son charme s’assombrit dès lors que plane l’ombre d’une ancienne propriétaire brutalement assassinée. Le mystère s’épaissit : qui l’a tuée ? Que savent réellement les voisins, si polis, si bienveillants en façade ? Et surtout, pourquoi cette affaire demeure-t-elle si trouble ?

L’autrice joue habilement avec le principe selon lequel le coupable n’est jamais celui que l’on soupçonne en premier. La mécanique du doute s’installe, déroutant autant le lecteur qu’Alice elle-même. Sa quête de vérité, menée presque en clandestine, glisse peu à peu vers une enquête macabre qui semble la conduire droit à sa perte.

Le roman interroge avec acuité la notion de confiance : comment discerner les alliés des opportunistes, les voisins loyaux des visages hostiles ? À quel moment le vernis social se fissure-t-il pour révéler les fractures profondes d’une communauté trop policée pour être honnête ?

Au cœur de ce labyrinthe de faux-semblants, Alice se retrouve isolée dans un environnement où tout le monde observe, juge et dissimule. Le récit nous rappelle avec force que, derrière les haies parfaitement taillées et les sourires de façade, les apparences demeurent trompeuses — et qu’une simple erreur de jugement peut suffire à tout faire basculer.

À titre personnel, il s’agit sans conteste de l’une de mes lectures préférées de l’année. L’intrigue, brillante et parfaitement rythmée, m’a tenue en haleine jusqu’aux dernières pages. Je recommande ++++, tant pour la maîtrise narrative que pour l’atmosphère immersive et délicieusement inquiétante qu’il déploie.

Les caractéristiques du livre

Format poche

Editions Livre de Poche

Prix : 8,70 €

Note : 5/5

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